Interview du mois
TAEKWONDO
Nathalie BONNAN
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Réservée et presque timide dans la vie de tous les jours, Nathalie devient une vraie tigresse sur un tatamis. Cette saison, la championne du club de Taekwondo de Saint Paul Les Dax vise un troisième titre national consécutif. Rencontre :
SL : Pourquoi t'es-tu tournée vers le Taekwondo ?
N.B : Au départ, je suis issue d'une famille où je suis la seule fille au milieu de deux frères. Cette attirance pour les sports de combat vient sans doute un peu de là au départ ! Plus jeune, il me fallait du tempérament pour faire ma place et le sport a été pour moi, un vecteur qui m'a beaucoup aidée. Toutefois, j'ai d'abord, pratiqué le canoé-Kayak pendant 10 ans, puis ensuite j'ai essayé la Boxe Thaï au club de St Paul Les Dax. Malheureusement, il a périclité au bout d'un an et je me suis alors tourné vers le club de Taekwondo de Bayonne, en 2000. Avec ce club, j'ai eu la chance de partir trois semaines en Corée et c'est là que le déclic a vraiment eu lieu pour ce sport. Ensuite, en 2002, quand le TAMK de St Paul les Dax a vu le jour, je l'ai rejoint et je ne l'ai plus quitté. Au niveau personnel, le taekwondo est un sport qui me canalise beaucoup, dans lequel je m'épanouis pleinement et dont j'apprécie les notions de respect.
Qu'aimes tu le plus dans ce sport ?
Au taekwondo, il existe un certain respect et tout le monde est logé à la même enseigne. Dés que nous enfilons le kimono, nous devenons tous égaux et il n'existe plus de différence sociale entre nous. on a l'impression de devenir quelqu'un d'autre. On rentre dans une bulle et ensuite, on peut véritablement se défouler.
Qu'as-tu découvert au TAMK ?
Beaucoup de soutien et d'amitié, que ce soit de la part du président Eric Bauzet, de l'entraîneur Stéphane Prochasson et de tous les licenciés. Le club possède un esprit très famille mais c'est aussi l'une des principales caractéristiques de ce sport. Le TAMK est principalement tourné vers la formation et la compétition des jeunes avec un ratio de 50/50 entre enfants et adultes, pour un total de 80 licenciés. Pour moi, c'est le club formateur "modèle", surtout vis à vis des plus jeunes. Depuis cette saison, il existe même une section "baby" dès l'âge de trois ans. Pour ma part, l'entraîneur Stéphane Prochasson m'apporte beaucoup au niveau de la gestion de la compétition. Comme je suis quelqu'un qui stresse énormément, il m'aide plus précisément dans ce domaine car j'en ai vraiment besoin. (nota : Nathalie a l'estomac particulièrement capricieux avant les combats et les yeux généralement noyés à l'issue).
Qu'est ce qui te motive autant, alors que cela te met
J'aime les challenges et la compétition. Il n'y a pourtant rien à gagner, mais j'adore ça ! Le taekwondo, c'est ma famille. Lors des compétitions, je stresse, je pleure, je n'entends plus rien mais c'est comme ça ! C'est difficile à expliquer ! Lors de la finale à Monaco de la saison dernière, à l'entame du troisième et dernier round, j'avais la main cassée. Bien sûr, je sentais un petit quelque chose mais je n'allais pas abandonner alors que le score était de parité. Alors je me suis arrachée dans ce round décisif. J'ai bien fait car au final, j'ai remporté le titre (4 à 3) et tout la famille du TAMK était heureuse !
Inutile de te demander si tu as peur avant une compétition, n'est ce pas ?
Ce n'est pas vraiment de la peur, même s'il est normal que l'on pense au KO comme tout sport de combat. Mais cela reste anecdotique dans le taekwondo car les protections sont aussi présentes pour éviter de telles choses. Non, c'est plutôt un grand stress que j'ai beaucoup de mal à dominer en début de tournoi. Lors d'une compétition, dés que le 1er combat est passé, cela va de mieux en mieux au fil des confrontations. Ensuite, lors d'un combat, je suis tellement concentrée que plus rien n'existe autour, autre que mon adversaire direct et l'arbitre. Je suis dans un état second qui me pousse à me surpasser.
Quelle est ta cadence d'entraînement ?
En général, le bon rythme est de trois fois par semaine mais j'ai un peu de mal à m'y soumettre car ne suis pas, comme on dit, une bête d'entraînement. Cela reste mon point faible et je compte sans doute trop sur mon tempérament de "gagneuse" pour compenser. Mais, mon président Eric Bauzet et mon entraîneur Stéphane Prochasson savent me rappeler mes obligations sportives quand il le faut, surtout à l'approche des compétitions importantes.
Quel est ton point fort ?
Déjà, je ne pratique le Taekwondo qu'en combat car les poumsés qui sont la partie très codifiée de ce sport, me donnent quelques soucis. Ensuite, au niveau des combats, Le taekwondo, c'est 80% les pieds et 20% les poings. Les coups portés avec les pieds apportent plus de points et cela tombe bien puisque c'est là que je suis la plus performante.
Penses-tu poursuivre au haut niveau encore longtemps ?
Tant que physiquement je pourrai
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